La Hongrie en guerre

Du traité de Trianon à la fin de la 2e guerre mondiale, l'histoire des forces armées hongroises et des opérations militaires.


Vous n'êtes pas connecté. Connectez-vous ou enregistrez-vous

Les combats de l'armée rouge hongroise

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas  Message [Page 1 sur 1]

LA CAMPAGNE DE L'ARMEE ROUGE HONGROISE
Avril/Août 1919

La création de la République hongroise

Le 30 octobre, le comte Mihalyi est porté au pouvoir par une "révolution de velours", prête serment (la dernière fois pour un dirigeant hongrois) au roi Charles IV, le dernier empereur d'Autriche sous le nom de Charles I et forme un gouvernement de coalition. Le 13 nov. Charles abdique et le 16 la république de Hongrie est proclamée. Il porte le poids d'assurer la pérennité de la Grande Hongrie. Confiant dans les principes wilsoniens, il se rend à Belgrade auprès du général Franchet d'Esperey (chef de l'armée d'Orient)signer l'armistice le 7 novembre. Soucieux de continuer l'intégrité de son pays, il est mis sur le fait accompli quand les tchèques et les roumains se sont taillés la part léonine du territoire.
Le 13 novembre, une ligne de démarcation, démilitarisée est fixée, ligne que les roumains ne vont pas tarder à franchir pour atteindre la Tisza.
Le 20 mars, le lieutenant-colonel Vix exige au nom de l'Entente, que la nouvelle ligne de partage soit la rivière Tisza. C'en est trop, Karolyi refuse de brader le territoire et démissionne. la vacance du pouvoir laisse les mains libres aux bolchéviques.
le comte Mihaly
Le 21 mars, les communistes prennent le pouvoir et instaurent la République des Conseils dirigé par Béla Kun qui va faire régner la "Terreur Rouge".

La République des Conseils

Lorsque l'Entente entend imposer un nouveau dépeçage du pays, le comte Karolyi refuse, il ne veut pas entrer dans l'histoire comme le fossoyeur de la Hongrie. La coalition socialiste porte au pouvoir Bela Kun, chef de la tendance bolchevique. Le Conseil des commissaires du Peuple ne peut régner sans faire imposer une "terreur rouge" par les "gars de Lénine" conduits par Tibor Szamuely. Profitant du chaos, les pays frontaliers s'empressent de finir le dépeçage, un conflit éclate avec la Tchécoslovaquie et la Roumanie.
Bela Kun



L’offensive de l’armée populaire hongroise

Durant la nuit du 15 au 16 avril 1919, la 39e brigade rouge attaque les positions roumaines tenues par les 6 et 7 Divisions de Chasseurs (Vanatoari) le long de la vallée du Kôrös/Cris. L’attaque est repoussée et les Roumains contre-attaquent et progressent entre 18 km au nord et 55 km au sud.
Le 24 avril, Debrecen (capitale administrative de l’est de la Hongrie) est aux mains des Roumains, malgré la résistance acharnée de la Szekely division du général Kratochwill (les Szekely ou Sicules de Transylvanie sont un peuple magyarophone installé à l’est de la Transylvanie).
Les troupes de l’armée rouge hongroise évacuent la rive gauche de la Tisza et prennent position sur la rive occidentale. C’est en fait le but recherché par la note Vix, refusé par le comte Mihaly.
Fin avril, la ligne de front suit le cours de la Tisza.
Au sud, l’armée française de Hongrie fait « tampon » entre les armées serbes et roumaines qui se disputent le Banat.
Au nord, les troupes roumaines du détachement Olteanu font la liaison avec les troupes tchécoslovaques le 1er mai à Munkacevo, bouchant ainsi le goulet de l’Ukraine subcarpathique qui aurait permis l’acheminement de renforts de Moscou.

La pause de l’armée roumaine

A Budapest, la population est affolée, les magasins de denrées alimentaires se vident, les paysans ne veulent pas du régime collectiviste et sont victimes des bandes des « gars de Lénine » qui opèrent aussi contre les ennemis du peuple, assassinat de bourgeois, occupation d’églises transformées en Maisons du Peuple

uniforme de l‘armée rouge hongroise (photo que j‘ai prise au musée militaire de Budapest).

L’armée roumaine fait une pause, retire ses troupes exténuées et les remplace par celles de réserve : la 16e Division d’infanterie transylvanienne au nord et la 18e D.I. Trans. au sud. La Roumanie doit affronter en Bessarabie l’offensive soviétique, le long du Dniestr et ne peut lutter sur 2 fronts.
Pendant ce temps, Vilmos Böhm, commissaire à la guerre, réorganise l’armée selon l’ancien système impérial. L’armée rouge hongroise, bien que battue n’est pas détruite.
Drapeau de l’armée rouge hongroise que j’ai fait au musée militaire de BP

Bela Kun, pressé par l’Entente, accepte les conditions roumaines et signe un armistice le 2 mai. Il espère toujours que « l’armée-mère » de Russie viendra l’aider par l’Ukraine subcarpathique. Pour cela, il faut faire le bouchon de Chop, ville frontalière. Cependant, l’armée rouge est occupée à combattre les armées blanches de Dénikine en Ukraine.

Le conflit contre la Tchécoslovaquie
Aurel Stromfeld
Le 31 mai, l’offensive rouge menée de main de maître par le colonel Stromfeld passe à l’offensive et reprend la ville hongroise de Miskolc aux Tchécoslovaques. C’est une déroute et c’est toute la Haute-Hongrie qui est aux mains des troupes rouges qui vont constituer une République des Conseils Slovaque.
L’Entente envoie un ultimatum à Bela Kun exigeant l’arrêt des combats, le retrait des troupes sous peine d’une attaque combinée entre les armées françaises, serbes , roumaines et tchécoslovaques.
Bela Kun n’a d’autre choix que de faire retirer ses troupes victorieuses, portant un coup à son prestige et au moral de la population. Dans la capitale, des combats reprennent, mais l’opposition est incapable de s’entendre.

La reprise des combats contre l’armée roumaine

Fort de son succès contre l’armée tchécoslovaque et pour restaurer son prestige (en jouant sur les sentiments nationaux) Bela Kun entreprend de repousser les forces roumaines, de reprendre les villes de Debrecen, Oradea et Arad. Il pense justement aussi que le 2e front en Bessarabie occupera les Roumains. L’armée rouge (50000 hommes) est divisée en 3 groupes, alignés le long de la Tisza.
Entre le 17 et le 20 juillet, l’artillerie hongroise pilonne les positions roumaines et le 20, à 3 heures du matin l’offensive est lancée sur 4 têtes de pont.
Au nord, à Tokaj, l’infanterie rouge est repoussée, au sud une poche est formée entre Szentes et Hödmezövasarhely réduite au bout de 2 jours de combats acharnés Pour la 18 DI roumaine, le front à tenir est trop étendu.
C’est au centre que l’offensive semble plus prometteuses, franchissant la Tisza à Szolnok le 20 juillet, une brèche profonde de 60 km et large de 60 km est formée. Des renforts roumains, provenant des fronts stabilisés, permet une contre-attaque fulgurante le 25 à Fegyernek. Le 30 juillet, toute la rive gauche de la Tisza est sous contrôle roumain. A peine franchie, face à des troupes hongroises en débandade, démoralisées et refusant de combattre pour les bolcheviques, l’armée roumaine ne rencontre plus de sérieuse résistance. Bela Kun et les commissaires s’enfuient vers l’Autriche et la Russie ensuite, l’armée hongroise capitule le 3 août. Le lendemain, l’armée roumaine défile devant le général Mardarescu.
Budapest sera occupée jusqu’en novembre 1919 et sera systématiquement pillée. Un gouvernement provisoire sera nommé avec à la tête Gyula Peidl jusqu’à la prise du pouvoir par le Régent Horthy.
Les habitants de Budapest retrouveront les soldat roumains du VII Corps lors des combats du siège, à Pest en décembre 1944.

Voir le profil de l'utilisateur http://hongrie2gm.creer-forums-gratuit.fr

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut  Message [Page 1 sur 1]

Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum